Les associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC) continuent de jouer un rôle déterminant dans l’amélioration des conditions de vie des familles du territoire d’Idjwi, au Sud-Kivu. C’est le constat dressé par Aline Zuba Batumike, point focal du noyau KJN et présidente de l’Association villageoise d’épargne et de crédit « Banyama Omumajambere » du village de Nkonde, lors d’une interview accordée à la Web Radio KJN ce mercredi 29 juillet 2026.
Selon elle, cette structure est née de la volonté de réunir des personnes engagées autour d’un objectif commun : mobiliser l’épargne locale et faciliter l’accès à de petits crédits afin de faire face aux difficultés financières qui touchent de nombreuses familles à Idjwi, particulièrement dans le village de Nkonde.
Aline Zuba Batumike souligne que les efforts consentis par les hommes pour subvenir aux besoins des ménages doivent être accompagnés d’une plus grande implication économique des femmes. Pour elle, les AVEC constituent un levier important d’autonomisation féminine en permettant aux membres de développer de petites activités génératrices de revenus.
« Les AVEC nous aident énormément ici à Idjwi. Grâce aux prêts accordés à un faible coût, nous pouvons lancer de petits commerces, nourrir nos familles, habiller nos enfants et, dans certains cas, payer leurs frais de scolarité », explique-t-elle.
Face au contexte économique difficile marqué notamment par la fermeture de plusieurs coopératives et banques dans l’est de la République démocratique du Congo, elle encourage les habitants de Nkonde et des villages environnants à adhérer aux groupes d’épargne existants.
« J’invite toutes les personnes qui ne sont pas encore membres à rejoindre les AVEC les plus proches. Ces groupes constituent aujourd’hui une solution concrète pour renforcer la solidarité et soutenir les familles confrontées aux difficultés économiques », insiste-t-elle.
Les Associations villageoises d’épargne et de crédit réunissent généralement entre 15 et 25 personnes issues d’un même village ou d’une même communauté. Les membres se rencontrent régulièrement pour constituer une épargne commune et s’accorder mutuellement de petits prêts à faible taux d’intérêt. Ce mécanisme permet de financer des activités génératrices de revenus, de prendre en charge les dépenses scolaires des enfants et de faire face aux imprévus, tout en renforçant la solidarité communautaire.
Par Emmanuel Shalukoma
