Au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, la poursuite des combats et les déplacements de populations aggravent une crise humanitaire déjà marquée par l’insécurité alimentaire et la malnutrition. La perte des terres agricoles, des revenus et l’accès limité à la nourriture, à l’eau potable et aux soins exposent particulièrement les enfants.
Face à cette situation, Médecins Sans Frontières (MSF) poursuit la prise en charge des enfants malnutris dans plusieurs zones de santé. Entre janvier et août 2026, plus de 33 000 patients ont été soignés dans la seule province du Nord-Kivu, après environ 53 000 enfants pris en charge pour malnutrition en RDC en 2025.
À Walikale, l’impact des déplacements est particulièrement visible. Thérèse, 20 ans, a fui Mpofi avec ses deux enfants alors que les combats s’intensifiaient. Sa fille Biella, atteinte de malnutrition aiguë sévère, reçoit aujourd’hui des soins à l’Hôpital général de référence de Walikale, soutenu par MSF.
La situation alimentaire demeure également préoccupante. Selon les données citées par MSF, près de 4 millions de personnes au Nord-Kivu ont connu des niveaux de crise ou d’urgence alimentaire en 2025. Les routes impraticables et l’insécurité compliquent en outre l’acheminement des médicaments et des produits nutritionnels.
MSF alerte parallèlement sur la réduction des financements humanitaires. L’organisation estime qu’un financement durable est indispensable pour maintenir le dépistage et le traitement de la malnutrition, tout en rappelant qu’elle ne peut, à elle seule, répondre à l’ampleur des besoins humanitaires.
Au Nord-Kivu, la malnutrition apparaît ainsi comme l’une des conséquences les plus silencieuses, mais les plus meurtrières, de la crise.
Par Elie Munike David
