À Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, le coût de l’internet mobile s’ajoute aux nombreuses dépenses qui pèsent déjà sur les ménages. Alors que le pouvoir d’achat reste sous pression dans un contexte économique difficile, plusieurs consommateurs déplorent des tarifs et des conditions d’utilisation des forfaits qu’ils jugent de moins en moins adaptés à leurs moyens.
Cette situation suscite la réaction de la Nouvelle dynamique de la société civile (NDSCI), noyau communal de Bagira. L’organisation appelle les opérateurs de télécommunications à revoir leurs offres et à tenir davantage compte des capacités financières des consommateurs.
Le président de la NDSCI-Bagira, Shamikolo Kitwembili Bertin, indique avoir été alerté par plusieurs abonnés au sujet de changements constatés dans les forfaits internet. Les préoccupations concernent notamment les prix, le volume de données accordé ainsi que la durée de validité des forfaits.
Chez Airtel, certains abonnés rapportent notamment que le forfait de 1 Go, qui aurait auparavant été valable pendant 48 heures, ne le serait désormais que durant 24 heures. Des utilisateurs affirment également avoir constaté l’expiration de leurs forfaits avant le délai annoncé. Des préoccupations similaires sont évoquées par des consommateurs des réseaux Orange, Vodacom et Africell.
Pour la NDSCI-Bagira, ces changements interviennent dans un contexte où de nombreux ménages doivent déjà faire face à des dépenses importantes et à une diminution de leur capacité financière. Le coût de l’internet devient ainsi une charge supplémentaire, alors que la connexion est devenue indispensable pour une grande partie de la population.
Étudiants, enseignants, journalistes, commerçants, entrepreneurs et travailleurs utilisent quotidiennement internet pour accéder à l’information, suivre des cours, communiquer avec leurs proches, promouvoir leurs activités ou effectuer certaines tâches professionnelles. Pour ces utilisateurs, réduire ou limiter l’accès aux données mobiles peut également avoir des conséquences sur leurs activités.
La NDSCI-Bagira demande donc aux opérateurs de proposer des offres correspondant davantage au pouvoir d’achat des ménages. Elle insiste également sur la nécessité d’une communication claire concernant les prix, les volumes de données et les périodes de validité des forfaits.
L’organisation citoyenne invite par ailleurs les autorités compétentes à se pencher sur les préoccupations exprimées par les consommateurs. Elle appelle également la Ligue des consommateurs des services au Congo-Kinshasa à saisir les instances habilitées afin que ces revendications puissent être examinées.
Parmi ses propositions, la NDSCI-Bagira réclame notamment un forfait de 1 Go à 500 francs congolais, valable pendant 24 heures. Elle souhaite également une amélioration de la qualité de la connexion et davantage de transparence dans les offres proposées aux abonnés.
Pour cette structure, l’accès à internet ne devrait pas devenir un service réservé à ceux qui disposent de moyens financiers suffisants. Dans une société où le numérique occupe une place croissante dans l’éducation, l’information, le commerce et l’emploi, son coût constitue désormais une question qui touche directement le quotidien des ménages.
La NDSCI-Bagira appelle ainsi Vodacom, Airtel, Orange et Africell à prendre en considération les difficultés rencontrées par leurs abonnés. Elle demande aux autorités de régulation de veiller à la protection des consommateurs et à l’équilibre entre les intérêts économiques des opérateurs et les capacités financières de la population.
En l’absence de réponse à ces préoccupations, la structure citoyenne n’exclut pas le recours à des actions citoyennes pour défendre un accès à internet qu’elle souhaite plus abordable, transparent et compatible avec le pouvoir d’achat des ménages de Bukavu.
Par Elie Munike David
