L’organisation Génération Épanouie (GEP Asbl) a présenté, mercredi 10 juin, les résultats d’une étude portant sur les facteurs qui influencent la participation des jeunes femmes aux processus de consolidation de la paix dans la province du Sud-Kivu. L’atelier de restitution s’est déroulé au Centre Rio de Nguba, dans la commune d’Ibanda, en présence de plusieurs acteurs de la société civile, partenaires et représentants des institutions publiques.
Cette rencontre avait pour objectif de partager les principales conclusions de la recherche ainsi que les recommandations formulées pour renforcer l’implication des jeunes femmes dans les dynamiques de paix. Elle a également permis aux participants d’apporter leurs observations afin d’enrichir le rapport final et d’échanger sur les défis liés à la gouvernance, à la participation politique et à la consolidation de la paix dans un contexte marqué par des crises récurrentes.
Selon Erick Ruhindwa, responsable des programmes de Génération Épanouie, cette étude a été initiée dans le but de mieux comprendre les obstacles qui freinent l’engagement des jeunes femmes dans les processus décisionnels en République démocratique du Congo.
« Malgré l’existence des résolutions 1325 et 2250 des Nations unies, qui encouragent la participation des femmes et des jeunes aux mécanismes de prise de décision, les jeunes femmes demeurent sous-représentées dans les espaces politiques et communautaires. Nous avons voulu identifier les causes profondes de cette situation afin de proposer des solutions adaptées », a-t-il expliqué.
Réalisée entre janvier et juin 2026 dans les territoires de Kabare, Kalehe, Walungu, Uvira et Mwenga, ainsi que dans la ville de Bukavu, l’étude met en évidence plusieurs obstacles majeurs. Le manque de moyens financiers apparaît comme le principal frein à l’engagement des jeunes femmes. À cela s’ajoute la répartition inégale des tâches ménagères qui continue de peser lourdement sur leur disponibilité. Les participantes ont souligné que les responsabilités domestiques occupent une grande partie de leur temps, limitant ainsi leur implication dans les activités communautaires, politiques et de promotion de la paix.
Les résultats de cette recherche appellent à la mise en place de mécanismes favorisant l’autonomisation économique des jeunes femmes, leur accès aux espaces de décision et un partage plus équitable des responsabilités au sein des ménages. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Wasichana na Amani », financé par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix à travers le programme Kvinna till Kvinna, avec l’ambition de renforcer le rôle des jeunes femmes comme actrices du changement et de la paix durable au Sud-Kivu.
Marie-Thérèse Riziki
