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Bukavu : la prolifération des enfants de la rue, un défi social grandissant

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Dans la ville de Bukavu, le phénomène des enfants en situation de rue connaît une progression inquiétante. Alimentée par la pauvreté, la désintégration familiale et le manque d’encadrement, cette réalité interpelle de plus en plus les acteurs sociaux, qui plaident pour des mesures urgentes et concertées.

Du marché de Nyawera à l’Institut Athénée d’Ibanda, en passant par « chez Baba Chingazi » ou encore aux abords de l’ISP près de la poste, ces enfants occupent désormais des espaces clés de la ville. Leur présence, devenue quasi permanente, soulève des préoccupations aussi bien sécuritaires que sociales.

Intervenant ce mercredi 22 avril 2026, Murhula Machumbiko, président de la société civile force vive, noyau communal d’Ibanda, pointe du doigt plusieurs facteurs explicatifs. Il cite notamment la précarité économique des ménages, l’abandon parental, la déscolarisation ainsi que l’influence d’environnements à risque.

Les conséquences de cette situation sont multiples et préoccupantes. Livrés à eux-mêmes, certains de ces enfants basculent dans la délinquance de survie, notamment des vols ciblant les passants, en particulier en soirée. À cela s’ajoutent des conditions de vie extrêmement difficiles, marquées par la faim, l’absence de soins médicaux et l’exposition à diverses formes de violences, y compris sexuelles.

Face à cette montée du phénomène, la société civile affirme intensifier ses actions de sensibilisation afin d’encourager ces enfants à regagner leurs familles. Elle appelle également les organisations non gouvernementales à renforcer leur engagement dans la prise en charge psychosociale et la réinsertion de ces mineurs.

« Parmi ces enfants, certains peuvent encore être réinsérés dans la société. Avec un encadrement adéquat et des formations professionnelles, ils peuvent devenir utiles », souligne-t-il, insistant sur l’importance d’un accompagnement structuré.

Par ailleurs, cet acteur de la société civile rappelle le rôle central de l’État dans la gestion de cette problématique. Il plaide pour l’identification systématique de ces enfants, leur encadrement et la mise en place de mécanismes efficaces de réintégration familiale.

Enfin, un appel pressant est lancé aux parents afin de renforcer l’encadrement familial, de garantir la scolarisation des enfants et de maintenir un dialogue permanent avec eux. Une démarche essentielle pour freiner un phénomène qui, à terme, pourrait fragiliser davantage le tissu social de Bukavu.

Marie-Thérèse RIZIKI

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