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Précarité sanitaire: Quand être malade devient un luxe

ByElie Munike

Fév 12, 2026 #KJN, #Maladie
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À Bukavu, tomber malade ne signifie plus seulement affronter la douleur ou l’inquiétude. Pour de nombreuses familles, cela représente aussi une épreuve financière et sociale difficile à surmonter. Entre le coût élevé des consultations, le prix des médicaments et l’absence de couverture médicale pour une grande partie de la population, l’accès aux soins demeure profondément inégal. Dans ce contexte, la maladie ne relève plus uniquement de la santé : elle devient un privilège que seuls ceux qui en ont les moyens peuvent réellement traiter.

« Moi je ne vis que grâce aux soins traditionnels. Aller à l’hôpital n’est pas facile. Le prix d’une consultation peut m’acheter les ingrédients pour une infusion traditionnelle. Le choix est clair », confie Aline, aide-ménagère rencontrée en centre-ville. Comme elle, de nombreux habitants se tournent vers l’automédication ou des solutions informelles, faute d’alternatives accessibles et abordables.

Dans certains ménages, les parents retardent des traitements afin de continuer à subvenir aux besoins alimentaires de la famille. Les personnes vivant avec des maladies chroniques interrompent parfois leurs soins lorsque leurs ressources financières s’épuisent. Ces décisions, souvent prises dans l’urgence, traduisent la vulnérabilité d’une population contrainte de choisir entre se soigner et survivre.

Au-delà des difficultés individuelles, cette précarité sanitaire met en lumière les limites du système de santé local. Les structures publiques, souvent débordées, peinent à répondre à la demande croissante, tandis que les établissements privés restent hors de portée pour une majorité de citoyens. L’absence de mécanismes solides de protection sociale accentue les inégalités, laissant les plus vulnérables dépendre de la solidarité familiale ou d’initiatives communautaires.

À Bukavu, la santé demeure ainsi un défi majeur. Tant que l’accès aux soins ne sera pas garanti de manière équitable et durable, tomber malade continuera d’être, pour beaucoup, une épreuve aussi économique que médicale.

Bénite Kajibwami

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