À l’occasion de la Semaine culturelle célébrée chaque année du 1ᵉʳ au 6 décembre, l’association 3 Tamis a organisé, ce mardi 2 décembre 2025, une matinée d’échanges consacrée à la protection des artistes en contexte de crise sécuritaire au Sud-Kivu.
La rencontre s’est tenue au bureau de l’association, situé sur l’avenue de la Résidence, dans la ville de Bukavu, réunissant artistes, écrivains et journalistes.
L’objectif global de ces échanges était d’amener les artistes à mieux saisir le contexte social, politique, économique et culturel dans lequel ils créent et exercent aujourd’hui.
Selon Franck Mweze, coordonnateur de 3 Tamis, cette semaine culturelle vise non seulement à réunir les artistes, mais aussi à les encourager à poursuivre leur créativité malgré les difficultés actuelles.
« Nous voulons remettre les artistes ensemble, les pousser à continuer à créer. La création exige de l’intelligence, elle permet de penser des œuvres qui gardent la mémoire pour l’avenir et enrichissent la communauté. L’objectif est de donner vie à la culture, quel que soit le contexte. » a-t-il expliqué.
Franck Mweze souligne que la particularité de cette édition réside dans la conjoncture actuelle : un contexte marqué par des pressions économiques, humanitaires et sécuritaires qui affectent fortement le moral de la population. Pour lui, l’artiste demeure un pilier de résilience collective.
L’artiste, garant de la mémoire et de l’espérance.

De son côté, Me Edward Biringanine a insisté sur le rôle fondamental de l’artiste comme gardien de la culture et soutien psychologique des communautés.
« L’artiste doit se sentir comme un élément qui assure la continuité de vie de la communauté. Malgré le changement du contexte sécuritaire, il reste un consolateur, un garant de la perpétuité culturelle. Il est essentiel qu’il soit conscient de son environnement afin d’adapter ses œuvres aux réalités actuelles. »
Intervenant à son tour, Jeanette Bazibuhe, responsable du Programme d’Appui à la Culture (PAC) au sein du projet de promotion de la culture comme vecteur de changement en RDC, a rappelé les efforts déployés par Uwezo Afrika pour améliorer la réglementation du secteur artistique.
Selon elle, la crise impose une adaptation des stratégies :
« Uwezo Afrika a commencé un travail sur le cadre juridique afin de mener un plaidoyer pour la régulation du secteur. Les artistes font partie intégrante de la population et subissent les mêmes défis. Avec le cadre de concertation, nous envisageons des actions stratégiques pour adapter nos interventions aux réalités du moment. «
Elle a également invité les artistes à faire preuve d’auto-censure responsable et à collaborer étroitement avec les organisations qui les accompagnent, afin d’évaluer les éléments sensibles à intégrer ou à écarter de leurs productions.
Les activités de la Semaine culturelle initiée par 3 Tamis se poursuivent jusqu’au samedi. Elles sont financées par la Coopération suisse, partenaire régulier des initiatives en faveur du renforcement du secteur culturel au Sud-Kivu.
Par Elie Munike David
