A Bukavu, la montée du taux de change est un coup dur pour les habitants. Les commerçants achètent en dollars, vendent en francs, et encaissent les pertes.
Étant donné que cette situation affecte toute la population de la ville de Bukavu, on ne sait définir les véritables victimes entre les commerçants et les habitants.
Mwamini Irène, vendeuse des chaussures dames chez Baba Chingazi exprime son angoisse.
« Nous souffrons à cause du taux de change des dollars qui est arrivé à 3 300 francs congolais et ne cesse d’augmenter. Nous ne vendons plus comme il faut, les clients fuient nos marchandises. Nous demandons aux supérieurs de réguler le taux pour nous permettre de mettre fin à la faim que nous vivons. »
Pour les petits vendeurs, c’est pire : Les coûts des produits changent sans cesse, et les clients n’ont pas plus d’argent. Alors ils marchandent, ou s’en vont. Et les vendeurs comptent leurs pertes en silence.
« Nous avons remarqué la hausse du taux de change mais les clients ne comprennent pas cela. Eux non plus n’ont pas d’argent à cause de cette situation. Si le taux pouvait rentrer à la normal, la vie serait plus facile. » regrette Vainqueur, jeune vendeur ambulant de jus.
Au moment où Airtel money a un taux de 2845 FC, les gens préfèrent avoir les francs dans leur SIM au lieu de dollars, car lorsque on veut changer le dollars sur Airtel on devient plus perdant.
« Je fais mes études à l’UEA, on m’envoie toujours l’argent pour payer mes études. Le taux de change est de 3500fc, je demande toujours à mes parents de m’envoyer les francs car pour le moment on ne retire pas le dollars sur Airtel money. On vous dit d’abord de convertir ces dollars en francs puis retirer. Une grande perte » regrette Baraka Shoter, jeune étudiant en BAC 2 économie de l’Université Évangélique en Afrique.
Entre temps, certains commerçants refusent le franc congolais: il faut d’abord trouver un cambiste puis revenir acheter. Ainsi, la vie à Bukavu devient un calcul permanent.
Pax Chanwa
