Chaque 11 février, le monde célèbre la Journée internationale des femmes et des filles de sciences, une occasion de mettre en lumière les contributions des femmes dans les domaines scientifiques et techniques.
Instaurée par l’ONU en 2015, cette journée rappelle une réalité évidente : les femmes restent sous-représentées dans les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STIM). Pourtant, leur rôle est crucial pour relever les défis mondiaux, de la santé aux changements climatiques.
Selon l’UNESCO, moins de 30 % des chercheurs dans le monde sont des femmes. Les stéréotypes de genre, le manque de modèles féminins et les barrières institutionnelles freinent encore l’accès des filles aux carrières scientifiques. Cette journée vise à encourager les jeunes filles à embrasser les sciences en leur montrant qu’elles ont leur place dans ces domaines.
Dulcinée Bulonza, une élève en pédagogie au lycée Cirezi de Bukavu, exprime son admiration pour les femmes scientifiques.
« Quand je vois des femmes comme Marie Curie ou Françoise Barré-Sinoussi, je me dis que moi aussi, je peux y arriver. Mais ici, on nous pousse rarement vers les sciences. On nous dit souvent que c’est compliqué pour une fille. » s’exprime-t-elle.
Un souci de perception
Ce type de perception, ancrée dans des nombreuses sociétés, décourage les vocations scientifiques féminines. Pourtant, les filles ont autant de capacités que les garçons. Les barrières sont avant tout culturelles et sociales.
Clarisse Batandi, étudiante en informatique à l’Université Catholique de Bukavu: « J’ai toujours voulu être technicienne en réseaux télécom mais au départ, même mes parents me disaient que ce n’était pas pour les filles. J’ai cependant poursuivi mon rêve et ai fais mes premiers pas dans mon domaine de prédilection. Aujourd’hui, je suis fière de travailler dans ce domaine. A ce jour, nous ne sommes que deux femmes à travailler dans le domaine des réseaux à Bukavu.»
Nantuga Gloria, une passionnée de médecine regrette de voir qu’il y a peu de filles qui s’intéressent aux sciences et pensent que ce n’est pas « féminin ». Mais malgré cela, elle continue à bosser dure pour devenir un jour chirurgienne et prouver le contraire.
Plus de femmes, plus de progrès
La célébration du 11 février est une opportunité pour sensibiliser les écoles et les familles sur l’importance d’encourager les filles dans les filières scientifiques, mettre en avant des modèles féminins en sciences pour inspirer les plus jeunes, et créer des programmes de mentorat et de soutien pour accompagner les filles dans leur parcours.
En 2025, des initiatives comme les clubs scientifiques féminins, les bourses pour les étudiantes en STIM et les journées de sensibilisation dans les écoles se multiplient. Mais il reste encore du chemin à parcourir pour garantir une véritable égalité.
Le combat pour plus de femmes en sciences n’est pas seulement une question de justice sociale. C’est aussi une nécessité pour le progrès scientifique et technologique. En encourageant les filles à s’investir dans ces domaines, nous donnons au monde une chance d’exploiter pleinement son potentiel humain et intellectuel.
Célébrons les femmes scientifiques d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Elles sont la preuve que le génie n’a pas de genre.
Pax Chanwa
