Depuis l’apparition de la variole du singe (Mpox) au Sud-Kivu, une partie importante de la population de Bukavu reste mal informée sur cette maladie. Malgré sa présence, le Mpox demeure flou pour beaucoup, en particulier les commerçants des petits marchés de Bukavu. Si certains connaissent son existence en tant que maladie contagieuse, ils manquent d’informations précises sur ses effets et les moyens de s’en protéger.
Yssa Salumu, commerçant dans la commune de Bagira, illustre ce manque d’information. Malgré la circulation d’informations sur le Mpox et les statistiques alarmantes d’août, avec plus de 25 cas enregistrés dans sa commune, il reste sous-informé. « Je sais que cette maladie est contagieuse et provoque des boutons sur la peau. On dit qu’il faut se laver les mains, mais on n’a pas toujours le temps avec les clients qui arrivent sans arrêt », explique-t-il.
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Cette situation est préoccupante dans les marchés de Bukavu, où l’accès à l’hygiène est souvent limité. De nombreux endroits n’ont pas de robinets, et les toilettes communes sont souvent mal entretenues, exposant les marchands et les clients à un risque accru. « Nous avons des toilettes à côté, mais elles sont payantes et mal entretenues. Nous sommes obligés d’y aller, et on ne sait pas qui est malade. Nous sommes très exposés », déplore Kateranya Walotongi, marchande au marché communément appelé « Ku Mambuzi ».

Qu’est-ce que le Mpox ?
La variole du singe, ou Mpox, est une maladie infectieuse causée par un orthopoxvirus. À en croire l’organisation Mondiale de la Santé (OMS), elle se caractérise par une éruption cutanée, une fièvre et des lésions dermatologiques éruptives sous forme de nodules pouvant apparaître sur tout le corps, en particulier le visage, le dos et les bras. La contamination se fait par contact avec les sécrétions d’une personne malade.
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De nombreux ménages, notamment les jeunes entre 20 et 26 ans, sont sous-informés sur les effets du Mpox. Alain Jacques témoigne : « J’ai eu le Mpox le mois dernier. J’ai vu trois boutons sur mon visage et je ne me suis pas inquiété, pensant à des piqûres d’insectes. Les boutons ont grossi et sont devenus très douloureux. À l’hôpital, j’ai été mis en quarantaine sans nourriture ni eau, avant d’être diagnostiqué positif au Mpox. J’ai suivi un traitement et je suis maintenant guéri. »
L‘information au cœur de la protection des vies
Bien que généralement moins grave que la variole, le Mpox peut provoquer des symptômes tels que fièvre, éruptions cutanées et douleurs corporelles. Le Mpox est principalement endémique dans certaines régions d’Afrique centrale et de l’Ouest, mais des cas sont signalés ailleurs dans le monde. La transmission se fait principalement par contact direct avec des lésions cutanées, des fluides corporels ou des objets contaminés. Des vaccins existent et peuvent offrir une protection.
Qui est à risque ?
Le Docteur Janvier Bandol, de l’hôpital Général Docteur RAU à Ciriri, explique que tout le monde peut contracter le Mpox, mais certaines populations sont plus exposées :
« Les personnes en contact avec des animaux sauvages ; Les personnes ayant des relations sexuelles avec de multiples partenaires ; Les professionnels de santé ; Les marchands. »
Comment se protéger ?
Le Docteur Janvier recommande les mesures de prévention suivantes :
« S’informer auprès des professionnels de santé ; Se faire vacciner ; Se laver fréquemment les mains avec de l’eau et du savon pendant au moins 20 secondes, surtout après un contact avec des personnes ou des surfaces potentiellement contaminées ; Utiliser un désinfectant pour les mains à base d’alcool si le lavage n’est pas possible, ou utiliser des cendres ; Éviter le contact avec les personnes infectées et les objets contaminés ; En cas de symptômes ou d’exposition potentielle, consulter rapidement un professionnel de santé.«
Dans la lutte contre la désinformation, une campagne de vaccination contre le Mpox a débuté dans différentes localités du Sud-Kivu, notamment à Bukavu et dans le territoire de Kabare. Plus d’un analystes pensent qu’il est crucial de diffuser largement ces informations pour protéger la population et limiter la propagation de la maladie.
Par Élie Munike David
