Malgré l’utilisation du système prépayé Cash Power, les habitants de Bukavu font face à des coupures d’électricité répétées, particulièrement en soirée. Ces interruptions perturbent la vie des ménages, freinent les activités économiques et inquiètent le secteur de la santé.
Si dans certains quartiers le courant revient après une trentaine de minutes, l’attente est beaucoup plus longue ailleurs.
Nabuhoma Makoni Willermine, habitante du quartier Kasali en commune de kadutu, dénonce une situation incompréhensible pour des abonnés qui paient à l’avance.
« Personnellement, je trouve qu’il est inacceptable de payer son Cash Power et de se retrouver quand même dans le noir. Le système prépayé était censé nous donner plus de contrôle, mais aujourd’hui, on paie sans être sûr d’avoir du courant », dit-elle.
Selon elle, les petits commerçants sont les plus touchés :
« Une vendeuse de pâtisserie peut perdre toute sa marchandise à cause d’une coupure. Le four peut s’arrêter en pleine cuisson, des commandes sont compromises et les clients finissent par aller ailleurs », explique-t-elle.
Elle demande aux fournisseurs d’être plus transparent sur le programme de délestage et les causes des coupures.
La docteure Queen Kabuya de l’hôpital de Panzi quant à elle, explique que dans les structures sanitaires, les conséquences peuvent être graves. Elle alerte sur les soins qui nécessitent une électricité continue.
« Lorsqu’un patient encombré est en cours d’aspiration, le temps que le générateur démarre après une coupure, son état peut se détériorer. Chez les patients en hypothermie placés sous lampe chauffante, ainsi que chez les nouveau-nés prématurés installés dans des couveuses, une interruption du courant peut compromettre le maintien de la température nécessaire à leur prise en charge », souligne-t-elle.
En attendant les explications du fournisseur, les habitants réclament une amélioration du service et une meilleure communication.
Emmanuella Katagondwa
