Depuis plus d’une semaine, la ville de Bukavu, en général, et la commune de Kadutu, en particulier, font face à une recrudescence inquiétante de déchets ménagers. Des immondices jonchent plusieurs artères et s’accumulent à l’entrée de nombreuses avenues, compromettant sérieusement l’assainissement du milieu et le cadre de vie des habitants.
S’exprimant lors d’un entretien accordé à la Web radio KJN le vendredi 10 avril 2026, le maire de la ville, Nicolas Kyalangalilwa, a reconnu être informé de cette situation préoccupante. Selon lui, cette problématique s’explique en partie par des insuffisances observées dans l’organisation des travaux communautaires, communément appelés Salongo, tenus chaque samedi. Certains déchets, non signalés ou mal pris en charge, restent ainsi non évacués.
Tout en se voulant rassurante, l’autorité urbaine indique que des mesures appropriées sont en cours afin d’apporter une réponse efficace et durable à cette situation. Elle rappelle toutefois que la propreté de la ville ne relève pas uniquement de la Mairie, mais constitue également une responsabilité collective reposant sur le civisme et la discipline de chaque citoyen.
Dans cette dynamique, le maire appelle les ménages à s’abonner massivement aux services spécialisés dans l’évacuation des déchets. Une démarche jugée essentielle pour renforcer les capacités opérationnelles de ces structures. « Il est impératif que chaque ménage contribue en s’abonnant, afin de doter ces services des moyens nécessaires pour fonctionner efficacement », a-t-il insisté.
De son côté, Christian Baguma, président de la société civile sous noyau de Nkafu, confirme la présence de nombreux dépôts de déchets dans plusieurs avenues de son quartier. Il met en garde contre les risques sanitaires liés à cette insalubrité, notamment la propagation de maladies.
Il déplore en outre que, malgré une contribution mensuelle estimée à environ 6 000 francs congolais par ménage, soit 1 500 francs par semaine, les déchets demeurent parfois entassés pendant plus d’une semaine à certains endroits. Une situation qu’il juge alarmante et qui appelle, selon lui, des mesures urgentes de la part des autorités compétentes.
Au-delà des actions institutionnelles, une gestion responsable des déchets apparaît comme un levier essentiel pour garantir non seulement l’assainissement de la ville, mais aussi la protection de la santé publique. L’implication active de chaque citoyen dans les travaux communautaires et l’adoption de bonnes pratiques en matière de gestion des déchets ménagers restent indispensables pour préserver l’environnement et assurer un avenir sain aux générations présentes et futures.
Par Emmanuel Shalukoma
