À l’occasion de la Journée mondiale de l’art célébrée le 15 avril, des acteurs culturels de Bukavu mettent en lumière le rôle de l’art comme moteur de changement de mentalité, d’unité et d’autonomisation, surtout dans un contexte marqué par l’insécurité.
Dans un entretien accordé ce mercredi 15 avril 2026, Guy Murhebwa, producteur de musique basé à Bukavu, souligne l’influence directe de l’art sur la société.
Selon lui, les œuvres artistiques façonnent les comportements et participent à l’évolution des mentalités, notamment chez les jeunes qui, de plus en plus, vivent de leur talent.
<< Mon art peut changer les mentalités dans la communauté parce qu’à travers le message que je partage et mon comportement en tant qu’artiste, j’ai l’obligation d’être droit et de poser des actions responsables >>, affirme-t-il.
Dans un contexte marqué par l’insécurité dans la province du Sud-Kivu, cet acteur culturel estime que les artistes ont un rôle crucial à jouer dans la consolidation de la cohésion sociale. À travers leurs créations, ils contribuent à unir les communautés, à sensibiliser et à promouvoir des valeurs de vivre-ensemble.
Pour lui, l’art constitue ainsi » un instrument d’unité et un pilier majeur de la cohésion sociale « , invitant la population à s’en inspirer pour renforcer l’harmonie au sein de la société.
Par ailleurs, Guy Murhebwa insiste sur la nécessité d’impliquer davantage les femmes dans le secteur artistique. Il regrette une certaine réticence observée chez ces dernières à Bukavu, tout en mettant en avant ses initiatives d’encadrement.
<< Mon travail de producteur est d’encourager les filles et les femmes à intégrer l’art. Dans mon entourage, je forme des jeunes femmes, notamment des slameuses et des instrumentistes >>, explique-t-il.
Au-delà de son rôle culturel, l’art apparaît ainsi comme une véritable profession et un levier de développement. Les jeunes et les femmes sont appelés à diversifier leurs ambitions et à envisager les métiers artistiques comme des voies d’avenir, capables de transformer à la fois les individus et la société.
Marie-Thérèse RIZIKI
