• ven. Mai 15th, 2026

Pollution des sachets plastiques à Bukavu : un appel à l’action

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Depuis plusieurs années, les sachets plastiques envahissent les rues de Bukavu. Ils s’accumulent dans les caniveaux, les rivières et les marchés. 

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour alerter, sensibiliser et appeler à l’engagement collectif.

Parmi elles, celle de Kitumaini Basole Emmanuel, chercheur au laboratoire d’hydrobiologie d’agriculture et de gestion des ressources naturelles de l’Université Officielle de Bukavu, et consultant pour le cabinet Ecagri.

« Une grande partie des déchets présents en ville de Bukavu sont des sachets plastiques qui ont un impact négatif sur la santé humaine, celle des écosystèmes aquatiques et sur l’ensemble de l’environnement, d’autant plus qu’ils ne sont pas bien gérés par la population. Le paysage de la ville en pâtit. »

Pour lui, la jeunesse a un rôle majeur à jouer :

« À travers son désir de vouloir changer les choses, elle doit prendre des initiatives de bonne gestion des sachets plastiques afin de préserver l’environnement pour les générations futures. Ces sachets peuvent même être réutilisés comme objets de décoration: une belle occasion pour les jeunes d’entreprendre. »

Il salue les efforts des autorités locales :

« Nous saluons l’idée du gouvernement actuel pour les mesures prises afin de préserver notre environnement de l’insalubrité. »

De son côté, Cito Cibambo Ferdinand, directeur de Alternatives Climat RDC, une plateforme écologique basée à Bukavu, dresse un constat tout aussi préoccupant :

« Les déchets plastiques mettent des centaines d’années à se décomposer. À Bukavu comme ailleurs, ils obstruent les caniveaux, provoquent des inondations, polluent le lac Kivu, nuisent à la faune et à la flore, et dégradent les sols. Brûlés, ils dégagent des gaz toxiques dangereux pour la santé humaine. »

Il regrette une forme d’habitude de la population:

« Faute de système efficace de gestion des déchets, ces plastiques s’amoncellent. La population semble habituée à leur présence, ce qui traduit une banalisation de la pollution plastique. Dans des ménages, plusieurs foyers allument le feu au brasero avec des plastiques. Chaque jour, la pollution de l’air augmente. Chaque feu allumé avec des sachets détruit notre environnement. Je veux dire aux jeunes de Bukavu et d’ailleurs, aux femmes également, que l’environnement que nous détruisons aujourd’hui est celui que nous laisserons à nos enfants demain. Refusons d’être une génération passive. Soyons des acteurs et actrices du changement. Disons non aux plastiques à usage unique, adoptons des alternatives durables, et mobilisons nos communautés. »

Il encourage les jeunes à se lancer dans l’entrepreneuriat vert :

« Les jeunes doivent profiter de cette matière brute qu’est le déchet pour créer des entreprises écologiques rentables. Le gouvernement et d’autres partenaires devraient subventionner de telles initiatives. »

Pour rappel, une mesure d’interdiction des plastiques a été officiellement prise le 20 mai par les AFCM23. Elle renforce la nécessité, pour chaque habitant de Bukavu, de prendre ses responsabilités.

Protéger l’environnement n’est plus une option. C’est une urgence. Et une affaire de tous.

 Pax Chanwa

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