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VSBG à l’Est de la RDC: Près de 8100 victimes sont prises en charge au Sud et Nord Kivu par MSF 

ByElie Munike

Juin 13, 2025 #MSF, #VSBG
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Cette année, le nombre de victimes et survivantes de violences sexuelles prises en charge par les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) atteint des niveaux alarmants. 

Depuis des années, les équipes MSF ne cessent d’alerter sur les niveaux alarmants de violences sexuelles dans l’est de la RDC.

Selon le communiqué de MSF rendu public ce jeudi 12 juin 2025, le nombre de victimes prises en charge par cette organisation humanitaire a explosé ces trois dernières années, lorsque les combats entre l’armée congolaise, le groupe armé M23/AFC et leurs alliés respectifs ont repris, près de 40 000 – ont été prises en charge en 2024.

« Le contexte dans cette région a changé, mais pas la problématique des violences sexuelles, dont les femmes sont majoritairement les premières victimes. Alors que les camps de personnes déplacées qui accueillaient plus de 650 000 personnes à Goma ont été démantelés en février 2025 après la prise de la ville, les équipes MSF continuent de prendre en charge chaque jour des dizaines de victimes de violences sexuelles dans les structures sanitaires dans et autour de la ville. Les violences sexuelles demeurent une urgence médicale qui exige une action immédiate .», explique François Calas, responsable des programmes MSF au Nord-Kivu.

 

Entre janvier et avril 2025, près de 7 400 victimes et survivantes y ont été prises en charge par MSF. À une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la ville, dans la petite localité de Sake, plus de 2 400 victimes et survivantes ont également été prises en charge sur cette même période.

Depuis des années, la grande majorité des agressions rapportées par les victimes en 2025 ont été commises sous la menace d’une arme, par des individus difficilement identifiables en raison de la multiplicité des porteurs d’armes, civils ou militaires, de la prolifération des armes, et de l’insécurité persistante.

«A Goma, de nombreuses patientes relatent avoir été violées la nuit lors de pics d’insécurité. Les individus pénètrent dans la maison lors de cambriolages, et souvent séquestrent les habitants, voire assassinent les époux. Dans certains quartiers, ces agressions sont même commises en journée. » continue François Calas.

Au Sud-Kivu, la situation est également inquiétante. Dans les territoires de Kalehe et Uvira, les équipes MSF ont pris en charge près de 700 victimes et survivantes de violences sexuelles depuis le début de l’année 2025. La majorité des récits recueillis décrivent des actes commis sous la menace d’une arme.

« Les chiffres sont sous-estimés par rapport à la réalité, car nombreux sont les obstacles pour accéder aux soins : peur de représailles, stigmatisation, éloignement géographique et manque de capacité de prise en charge dans les structures. Le nombre élevé de cas dans certaines localités, limité dans d’autres, reflète les disparités de prises en charge disponibles, bien plus que l’ampleur du problème dans cette région. »explique Luders Leriche, coordonnateur des activités médicales MSF au Sud-Kivu.

L’impact des violences sexuelles, qui affectent principalement les femmes dont les mineurs, est connu et documenté de longue date. Le nombre d’hommes qui en sont victimes, bien que largement inférieur, reste préoccupant. En plus de l’impact de ces violences sur la santé physique et mentale, leurs conséquences sociales sont dévastatrices : rejet familial et social, divorces, stigmatisation, pensées suicidaires et immense difficulté pour les survivantes de continuer à vivre dans les lieux où elles ont été agressées.

La situation est de plus en plus préoccupante étant donné que l’accès à une prise en charge devient de plus en plus difficile. Plusieurs structures de santé des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu n’ont déjà plus les médicaments et kits nécessaires pour soigner les survivantes de violences sexuelles.

Pour faire face à cette réalité, MSF appelle les parties prenantes à tout mettre en œuvre pour garantir davantage de protection pour les civils et leur permettre d’accéder aux soins.

Par Elie Munike David 

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