• mar. Sep 22nd, 2026

Droits et coutumes : quand les pratiques traditionnelles privent encore les femmes de leurs droits à la terre

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En territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu, l’accès des femmes et des jeunes filles à l’héritage et à la terre reste confronté à de nombreux obstacles. Les pratiques coutumières, le manque d’information sur les droits successoraux et la faible scolarisation figurent parmi les facteurs qui entretiennent cette situation.

Espérance Murhandikire, femme leader et représentante des Mamans Tondé Tondé de Kavumu, dans le groupement de Bugorhe, dénonce une situation qui, selon elle, contribue à fragiliser davantage la place de la femme au sein de la société.

Elle met notamment en cause certaines pratiques coutumières qui continuent d’écarter les femmes du partage des terres et de l’héritage. À cela s’ajoute le manque d’information sur les droits reconnus aux femmes par la législation congolaise, notamment en matière de succession.

Selon Espérance Murhandikire, la faible scolarisation constitue également un facteur aggravant. De nombreuses femmes, privées d’instruction et d’informations juridiques, disposent de peu de moyens pour connaître leurs droits et contester les pratiques qui les excluent de l’héritage familial.

Pour inverser cette tendance, elle préconise de renforcer les activités de sensibilisation dans les villages afin d’informer les femmes et les jeunes filles sur leurs droits, mais aussi de leur donner les moyens de les faire valoir lorsqu’ils sont bafoués.

Elle appelle également à une meilleure vulgarisation des textes légaux, notamment les dispositions du Code de la famille relatives aux droits successoraux, afin de permettre aux femmes de mieux connaître leurs droits et de participer pleinement à la vie sociale et économique de leurs communautés.

Le témoignage d’Espérance Murhandikire met ainsi en évidence les difficultés auxquelles restent confrontées certaines femmes de Kabare dans l’accès à la terre et à l’héritage. Pour elle, l’éducation, l’information juridique et la sensibilisation communautaire constituent des moyens importants pour réduire les pratiques d’exclusion et favoriser une meilleure reconnaissance des droits des femmes.

Par Prince Assumani, Correspondant rural

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