L’organisation Green Alpha a procédé, vendredi 19 juin 2026 à Bukavu, au lancement de la première édition du « Green Talk Café », un cadre d’échanges et de réflexion destiné à promouvoir l’entrepreneuriat vert auprès de la jeunesse du Sud-Kivu. Organisée dans les locaux d’Alpha Impact, cette initiative se veut un rendez-vous bimestriel consacré aux enjeux climatiques et aux solutions innovantes susceptibles de générer des opportunités économiques durables.
Placée sous le thème « Climat et opportunités : la transition écologique comme levier économique », cette première rencontre a réuni des jeunes entrepreneurs, des porteurs de projets, des chercheurs ainsi que plusieurs acteurs engagés dans le développement durable. Dans un contexte marqué par un taux élevé de chômage chez les jeunes, les intervenants ont insisté sur la nécessité de transformer les défis environnementaux en moteurs de croissance et de création d’emplois.
Selon Centwali Germain, ingénieur agronome et directeur exécutif de Green Alpha, le Green Talk Café ambitionne de créer un espace de dialogue, d’apprentissage et de collaboration autour des métiers verts. Il a souligné que de nombreux jeunes disposent d’idées innovantes mais peinent à trouver l’accompagnement nécessaire pour les concrétiser.
« Cette initiative vise à encourager les jeunes à entreprendre dans les secteurs liés à la protection de l’environnement, à renforcer leur autonomie économique et à construire une communauté capable de répondre aux défis du changement climatique », a-t-il déclaré, tout en invitant les structures d’accompagnement et les incubateurs à soutenir davantage les projets émergents.
Parmi les intervenants, Lumière Kashafali, apicultrice et présidente de l’entreprise Lumiel, a partagé son expérience entrepreneuriale en mettant en lumière les conséquences visibles de la dégradation environnementale dans la région. Elle a notamment alerté sur la disparition progressive des abeilles dans plusieurs zones de Bukavu, un phénomène qui témoigne de la fragilité croissante des écosystèmes locaux.
Pour relever ces défis, elle a plaidé en faveur de l’innovation et du développement des compétences. Elle a encouragé les jeunes à s’investir dans la valorisation des déchets en les transformant en produits utiles, à l’image des pavés écologiques fabriqués à partir de matières plastiques recyclées. Elle a également insisté sur l’importance de la formation technique et de la maîtrise des outils numériques afin de développer des solutions durables et compétitives.
Cette première édition a bénéficié de l’accompagnement technologique d’Alpha Impact. Son directeur général, l’ingénieur Kofi Boubaka, a rappelé que la technologie et la protection de l’environnement sont étroitement liées et constituent deux leviers essentiels pour stimuler l’innovation et révéler le potentiel entrepreneurial de la jeunesse.
À l’issue des échanges, les participants ont exprimé leur conviction que la transition écologique représente bien plus qu’un impératif environnemental. Pour eux, elle constitue également une véritable opportunité économique capable de générer des emplois, d’encourager l’innovation et de contribuer au développement durable de la province du Sud-Kivu.
Par Elie Munike David
