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Bukavu : l’essor des associations de jeunes entrepreneurs, une réponse au chômage?

ByElie Munike

Jan 18, 2026
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L’émergence des associations de jeunes entrepreneurs à Bukavu s’impose aujourd’hui comme un phénomène majeur, révélateur d’une transformation progressive de l’économie locale dans la province du Sud-Kivu. Face à un marché de l’emploi saturé et à une conjoncture socio-économique marquée par l’instabilité, l’entrepreneuriat apparaît comme une alternative crédible pour une jeunesse en quête d’autonomie et de dignité économique.

Ces derniers mois, la ville de Bukavu a enregistré une multiplication d’associations de jeunes entrepreneurs engagés dans la commercialisation de biens et de services variés. Cette dynamique collective vise non seulement à mutualiser les efforts, mais aussi à renforcer les capacités individuelles dans un environnement économique contraignant.

Lors d’entretiens accordés par plusieurs membres de ces associations, un constat revient avec insistance : l’entrepreneuriat est devenu une nécessité. Confrontés au chômage prolongé et à l’absence de perspectives professionnelles, de nombreux jeunes ont choisi de créer leurs propres opportunités économiques afin de sortir de la précarité.

Hilaire Murhula, licencié en communication des organisations et jeune entrepreneur, explique que cette montée en puissance des associations de jeunes est avant tout une stratégie de survie et de responsabilité sociale.

« C’est une manière de subvenir aux besoins de nos familles et de ne compter que sur nous-mêmes. Nous avons longtemps attendu un emploi stable, mais en vain », souligne-t-il.

Toutefois, il met en garde contre les dérives d’un entrepreneuriat improvisé. Selon lui, tous ceux qui se lancent ne disposent pas nécessairement des bases requises, ce qui conduit certains à des échecs précoces.

« Je conseille aux jeunes qui se lancent dans l’entrepreneuriat de bien maîtriser les méthodes entrepreneuriales : structurer leur marché, réaliser des études de marché, utiliser des techniques efficaces de communication et de marketing. Avoir des compétences ne suffit pas, il faut aussi une bonne organisation et commencer là où l’on est, avec les moyens disponibles, sans trop dépendre des autres », recommande-t-il.

Au-delà de la création d’activités génératrices de revenus, l’entrepreneuriat est avant tout un état d’esprit. Il repose sur la capacité à identifier des opportunités, à prendre des risques calculés et à mobiliser des ressources pour transformer une idée en projet viable.

Contrairement aux idées reçues, on ne naît pas entrepreneur, on le devient. Ce métier s’apprend à travers l’expérience, la formation continue et le réseautage. À Bukavu, la montée en puissance des associations de jeunes entrepreneurs illustre ainsi une volonté collective de bâtir une économie locale plus résiliente, inclusive et tournée vers l’avenir.

Marie Thérèse RIZIKI

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