La guerre à l’Est de la République Démocratique du Congo fait plus des victimes inconnues que les connus. Malgré la croissance des bilans des violations des droits humains tous les jours, d’autres effets néfastes de cette guerre demeurent ignorés étant couvert par l’ombre de la stigmatisation. Personne de s’imagine la pire situation que traverse le peuple autochtone (pygmée) dans ces zones en conflits. Des femmes autochtones affirment être victimes des violences sexuelles lors des affrontements, certaines meurent, leurs familles dispersées et abandonnées.
‘’Je suis une femme pygmée, j’ai été violé à maintes reprises. Ici beaucoup des femmes, des hommes et enfants pygmées meurent tout le jour. Quand on parle les chiffres, on ne nous compte pas souvent parmi les victimes dans cette guerre. Personne ne vient nous poser la question sur notre situation’’, témoigne Shauri N’Amudumbi, une femme autochtone rencontrée dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu.
La macabre pression que la guerre inflige aux pygmées
Habituellement reconnu comme des ‘’Bambuti et Batwa’’, ils sont historiquement connus sous le nom des ‘’Pygmées’’. Une communauté présente dans plusieurs endroits de l’Est de la RDC. Aujourd’hui, ils sont non seulement forcés de quitter leur terre à cause des conflits armés mais aussi ils subissent de violences grave. Ces communautés autochtones de l’Est de la RDC sont particulièrement vulnérables aux violences liées à la guerre encours qui affecte leur vie quotidienne.
‘’C’était en forêt mais avant notre expulsion, nous étions heureux et bien. Après avoir fui, notre vie est devenue très difficile aujourd’hui. Je me rappelle que même avant la guerre on n’était pas considéré comme les autres citoyens de ce pays. Nous nous retrouvons avec une vie de souffrance et de dénigrement’’, déplore madame Shauri.
Ces communautés réputées nomades, vivaient dans des agglomérations isolées dont la plupart d’entre eux préfèrent des endroits forestiers et dans les espaces protéger, devenu champ de bataille. Selon certains témoignages, les femmes autochtones pygmées ont été utilisées comme objet de guerre. Elles ont été violées par toutes les parties au conflit pendant que leurs familles sont abandonnées au milieu de nulle part dans cette situation de guerre.
Des rêves détournés, des larmes aux yeux et regret sans aucun espoir de l’avenir, certains survivant et survivante pygmées que nous avons rencontrés souffrent. Aussitôt la crise persiste, la déplorable situation des femmes autochtone continue de s’aggraver. Avec toutes ces atrocités, cette communauté ne saurait quel avenir légué à sa postérité.
Ce peuple autochtone est le plus affligé mais le mal se fait voir par tout dans les zones en guerre au Sud-Kivu et au Nord-Kivu.
Des bons textes qui souffrent de non application
Avant la guerre, la loi portant protection de ce peuple minoritaire existait mais qui souffre de non mise en application. Le législateur congolais prévoit des mécanismes de protection des peuples autochtones dans la loi numéro 22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotions des droits des peuples autochtones pygmées. Le législateur cite également la déclaration des Nations sur les droits des peuples autochtones en évoquant dans les 6 premiers articles 1,2,3, 4, 5, 6 de l’UNDRIP et 30, 31, 32, 33, 34 et 35 de la loi portant protection et promotions des droits des peuples autochtones pygmées.
‘’Est punie d’une peine de servitude pénale principale de deux à cinq ans et d’une amande de deux millions des francs congolais toute personne qui spolie un bien appartenant à une personne pygmée ou qui la déstabilise à cause de ses origines’’, peut-on lire à l’article 57 de la loi n°22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des peuples autochtones pygmées.
Cet article éclaircit que les peuples autochtones ont droits aux terres et aux ressources naturelles qu’ils possèdent, occupent ou utilisent conformément à cette loi. Aucune délocalisation, ni réinstallation ne peut se faire sans consentement libre, informé et préalable des peuples autochtones pygmées. Ce qui veut dire qu’ils devraient bénéficier des services environnementaux de leurs terres qu’ils possèdent, occupent ou utilisent traditionnellement.
La guerre a tout bouleverser mais nous pouvons aussi signaler qu’avant la guerre cette loi n’était toujours pas appliquée.
‘’Pygmée’’, un peuple abandonné ?
‘’Avant nous étions en mesure de nous procurer nos propres médicaments traditionnels mais aujourd’hui c’est impossible. Toutes les femmes pygmées enceinte meurent suite aux mauvaises conditions d’accouchement parce que nous n’avons plus accès notre système de soins traditionnels et les hôpitaux ne peuvent pas nous soigner gratuitement. Peut-être qu’il n’y a plus rien à faire que de mourir l’un après l’autre’’, regrette Shauri N’Amudumbi.
Selon les témoignages de certains, depuis qu’ils ont été décrépi de leurs terres, la vie est devenue critique. Pourtant, auparavant lorsqu’ils avaient besoin de la nourriture, ces pygmées faisaient l’échange du miel contre du sel ou de la farine de sorgho et ils vivaient bien. Aujourd’hui, la discrimination leur inflige une peine considérable et les femmes pygmées deviennent les premières en proie.
‘’Tout celui qui nous approche c’est toujours quelqu’un qui veut nous faire du mal et abuser de nous. Vous ne pouvez pas comprendre ce que nous traversons’’, témoigne–t-elle.
A part ce calvaire que traversent les femmes pygmées, les hommes de cette communauté sont également la cible de toutes les parties aux conflits à tours de rôle. Une situation qui place les pygmées comme entre l’enclume et le Marteau.
‘’Nous sommes désormais battus, maltraités et tous nos droits sont bafoués. Cette guerre ne veut pas notre existence. Lorsqu’un Pygmée passe, on le qualifie comme ennemi’’, déplore Libaku Kafundo Phillipe, un jeune Pygmé rencontré à Kabare dans le Sud-Kivu.
Quid des traumatismes qui en découle ?
Suite à ces abus en répétition et les évènements choquant qui persistent, les traumatismes sont prévisibles. Ce qui prouve combien la situation de guerre et de l’insécurité à l’Est de la RDC a des conséquences humaines extrêmes dont la plus vulnerable sont ce peuple minoritaire qui croupis dans un calvaire considérable.
Le psychothérapeute que nous avons contacté pour analyser ensemble le contexte de ces survivantes et survivants, nous fait savoir combien les répercussions de cette tragédie doit essentiellement toucher la dimension psychologique, physique, sociale, génétique, physique ou environnementale.
Olivier Mufungizi pense et affirme que très souvent les événements comme la guerre, les violences, les incidents, accidents et autres sont à l’origine des troubles psychologiques.
‘’Les répercussions de ces violences ont des conséquences grave à cours et à long terme. Ils peuvent durer toute la vie si rien n’est fait. En période des guerres, les violences vécues par les femmes et les enfants ne sont pas seulement les évènements douloureux, elles brisent des vies, des familles et des générations entières’’, relève Olivier Mufungizi, psychologue clinicien et responsable d’une clinique psychologique.
Ces violences et cette discrimination systématique qui se manifestent par l’exclusion sociale pendant cette période de crise, risquent de faire beaucoup des victimes. Une prise en charge immédiate serait envisagée vis-à-vis des conditions déplorables de ces survivantes.
Par Elie Munike David
