Trouver un emploi après les études demeure un défi majeur pour les jeunes diplômés congolais, surtout ceux de l’Est.
Dans un contexte économique incertain, où de nombreuses entreprises peinent à recruter, les inquiétudes grandissent. Emmanuella Katagondwa, licenciée en communication appliquée à l’Université Catholique de Bukavu, évoque vivre dans « une zone rouge », marquée par le manque de financement et la précarité des emplois existants. « Même ceux qui travaillent ne reçoivent pas encore de salaire », explique-t-elle, soulignant le découragement de nombreux jeunes face à ce climat d’instabilité.
Elie Amani Ntanama, bachelier en systèmes informatiques réseaux à la même université, partage ce constat. Selon lui, le manque d’opportunités et l’exigence d’une expérience préalable bloquent l’accès au premier emploi. « On demande souvent cinq ans d’expérience, mais comment les avoir si personne ne vous embauche ? », s’interroge-t-il. À cela s’ajoute, selon lui, la difficulté de percer sans relations personnelles et la rareté des départs à la retraite qui freine le renouvellement du personnel.
Malgré tout, les attentes des jeunes envers leurs futurs employeurs restent lucides. Ils souhaitent avant tout un salaire stable, des formations pour progresser et un environnement de travail respectueux. Pour Eli, « le salaire ne doit pas être la priorité au début : il faut d’abord chercher l’expérience et les relations ». Emmanuella, quant à elle, insiste sur l’importance d’un emploi qui permette non seulement de subvenir à ses besoins, mais aussi d’aider sa famille.
Les deux diplômés s’accordent sur un point essentiel : le fossé entre la formation universitaire et les réalités du marché de l’emploi. Le manque de pratique et d’adaptation du système éducatif congolais rend difficile l’insertion professionnelle. « Les écoles manquent de matériel et ne préparent pas suffisamment aux besoins des entreprises », déplore Elie.
Entre ambitions, frustrations et espoir, ces jeunes diplômés incarnent une génération lucide, consciente des obstacles, mais toujours animée par le désir de s’intégrer, d’apprendre et de contribuer à la société.
Pax Chanwa
