Depuis le pillage dont a été victime la société BRALIMA, principal producteur de boissons à Bukavu, une rareté et une hausse de prix de ses produits est constatée sur le marché. Face à cette situation, plusieurs jeunes ont trouvé refuge dans les boissons fortement alcoolisées.
En effet, la société BRALIMA et d’autres entreprises ont été victimes d’un énorme pillage en février dernier. Les jeunes, habitués aux produits de l’industrie locale s’adonnent alors à la consommation des boissons fortement alcoolisées afin de compenser la carence qui se ressent dans la ville. Les produits BRALIMA ont quasiment doublé de prix depuis le pillage pour ceux qui en disposent encore et ne sont plus accessibles à tous. Une bouteille de Primus vendue jadis à 4000fc se négocie aujourd’hui à 9.000 voire 10.000fc.
D’après David Wenga, un jeune de la place, ce qui le pousse; lui et ses amis à consommer ces boissons est la rareté des produits BRALIMA mais aussi la hausse des prix.
« Ces derniers temps, la semaine s’écoule sans que je trouve même 5000fc, mon corps est habitué à l’alcool car auparavant j’en prenais régulièrement. Maintenant suite à la rareté des produits BRALIMA, j’ai des amis qui m’invitent et m’offrent des boissons fortement alcoolisées que je ne peux pas refuser car je n’ai pas le choix, c’est un besoin de première nécessité. Il y a des produits venant du Rwanda mais j’ai goûté et ils ne sont pas fort pourtant je préfère prendre une petite bouteille qui contient plus d’alcool et qui va calmer mes envies » dit-il
De son côté, Alfred Cibanvunya, président des dépositaires produits BRALIMA dans la ville de Bukavu, explique que cette situation est l’un des effets de la guerre. Le manque d’accessibilité à d’autres provinces rend le coût de production élevé comparé aux bénéfices.
Il ajoute que ce qui pousse ces jeunes à consommer les boissons fortement alcoolisées c’est le souci de satisfaire leurs besoins.
«Les jeunes cherchent comment satisfaire leurs besoins raison pour laquelle lorsqu’ils manquent comment les satisfaire ils recourent à ces boissons qui sont disponibles. Aussi c’est parce qu’ils n’ont pas l’argent pour se payer les produits BRALIMA et là ils cherchent les moyens faciles. D’où il serait mieux de chercher comment les occuper et les encadrer pour qu’ils puissent avoir une petite occupation et comme ça, ils auront un peu d’argent et abandonner les boissons fortement alcoolisées »explique-t-il.
Comme conseil, Alfred Cibanvunya a suggéré aux jeunes de beaucoup travailler et d’être résiliants vis-à-vis de la situation car même si on met la bière à 1000fc pour celui qui ne travaille pas il chercherait toujours la bière de 100fc vu qu’il n’a pas où tirer les 1000fc. Cela serait donc un cercle vicieux interminable.
Marie-Thérèse et Arlette Birindwa
