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Bukavu: Journée du 8 mars maintenue, mais les activités reportées

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Alors que le monde entier célèbre la Journée Internationale de la Femme; à Bukavu l’ambiance est bien différente cette année. 

L’insécurité persistante a contraint plusieurs organisations à reporter les activités prévues pour marquer cette journée. Une décision difficile, mais nécessaire pour garantir la sécurité des participantes.

« Comme plusieurs organisations, nous avions prévu des activités en mars à Bukavu et Goma pour mettre en lumière le rôle des femmes dans la protection de l’environnement et mener un plaidoyer auprès des autorités. Nous voulions aussi valoriser les exploits des femmes rurales engagées dans la justice climatique. Malheureusement, tout cela a dû être reporté à cause de l’insécurité », explique Judith Maroy, co-fondatrice du club « Zaida Catalan », une organisation axée sur la question des femmes, de paix et sécurité.

Elle souligne que beaucoup de femmes ont dû fuir la guerre, abandonnant leurs champs et mettant ainsi en péril leur autonomie financière. Le combat continue mais elle espère pouvoir organiser ces activités en avril ou en mai, si la situation le permet.

Une journée très attendue mais sans empreinte

Dans les hôpitaux, les séances de sensibilisation sur la santé maternelle et reproductive sont aussi repoussées.

« Nous avions prévu plusieurs activités en faveur des femmes, mais la situation sécuritaire ne nous permet pas de les organiser pour l’instant. C’est un véritable handicap pour toutes celles qui en auraient bénéficié, mais nous gardons espoir que les choses s’améliorent bientôt », confie un médecin de l’Hôpital général de référence de Bukavu.

Dans les universités, les conférences et tables rondes sur l’autonomisation des femmes et l’égalité des sexes sont également postposées.

« L’année dernière, nous avions organisé une série d’activités sous le thème Femme médecin : défis et opportunités. Des professionnelles de la santé, qu’elles soient mariées ou religieuses, avaient partagé leur expérience pour aider les étudiantes à mieux concilier leur vie privée et leur carrière. Nous avions aussi mené une campagne auprès des jeunes filles du camp Saïo, pour les sensibiliser à l’hygiène menstruelle et aux risques des rapports sexuels non protégés. Nous leur avions distribué des bandes hygiéniques réutilisables et donné des conseils pratiques. Ces activités sont essentielles, et nous espérons pouvoir les tenir plus tard dans l’année », raconte Dorcas Nabintu, étudiante en troisième année de doctorat à l’Université catholique de Bukavu.

Ces événements, organisés chaque année par les étudiants en deuxième année de doctorat, permettent aussi de promouvoir l’entrepreneuriat, car les jeunes filles en profitent pour exposer et vendre leurs produits. Dorcas espère que la nouvelle promotion pourra reprendre ces activités une fois la situation sécurisée.

Les ONG féminines, de leur côté, avaient prévu des marches pacifiques, des ateliers et des campagnes de sensibilisation. Toutes ces initiatives sont suspendues en attendant des jours meilleurs.

Thème choisi pour l’année 2025

Le 8 mars 2025 est placé sous thème « Pour toutes les femmes et les filles : droits, égalité et autonomisation »; ce thème appelle à une action susceptible de favoriser l’égalité des droits, du pouvoir et des chances pour tous, ainsi qu’un avenir féministe où personne n’est laissé pour compte. Au cœur de cette vision se trouve l’autonomisation de la prochaine génération, les jeunes, et en particulier les jeunes femmes et les adolescentes en tant que catalyseurs d’un changement durable.

          Pax Chanwa

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