Ce vendredi 06 décembre 2024, l’Association des femmes des médias du Sud Kivu (AFEM) a présenté les données de monitoring recueillies sur les violences sexuelles et basées sur les genres à l’égard des femmes et filles à Kalehe, Luhwinja et Mushinga depuis le mois de janvier jusqu’en décembre 2024.
En ce qui concerne la féminisation de la sorcellerie à Luhwinja dans le territoire de Mwenga, 5 femmes ont été tuées dont deux cas par balles et 3 autres torturées, lynchées par la population en colère. Au mois d’Octobre, 23 cas de femmes accusées de sorcellerie ont été signalés à Mushinga dans le territoire de Walungu où les femmes ont été victimes des traitements inhumains et dégradants avant d’être chassées de leurs villages.
Hors mis ces cas, AFEM à aussi documenté les cas des viols, des violences sexuelles, d’agressions sexuelles, des violences physiques, domestiques et autres pratiques néfastes.
Quelques violences répertoriées dans les 3 territoires au Sud-Kivu
Pour l’axe Kalehe, des cas de harcèlement sexuel d’une fille de l’école secondaire, une fillette de 3ème année primaire violée par un homme de 60 ans, une femme torturée par un commissaire de police, un homme a tué sa mère biologique avec une machette, un militaire a tué sa femme, etc…
Parlant de Luhwinja à Mwenga, un homme a violé un enfant de 14 ans, pendant qu’un autre torturait sa femme à minuit, un garçon a chassé sa mère de la maison familiale dans le village de Bwira, un autre garçon a violé une fille de 14 ans sous une forte pluie pendant qu’elle s’abritait dans sa boutique, etc …
Dans l’axe Mushinga à Walungu, des cas des pratiques néfastes à l’égard des femmes ont été documentés, la consommation des boissons fortement alcoolisées par les jeunes ayant comme.conséquences les violences physiques dans la communauté, les exploitations des femmes et filles dans des maisons de tolérance, etc…
AFEM déplore la persistance des cas des violences basées sur le genre qui varient d’un milieu à un autre au Sud-Kivu et recommande ce qui suit:
Aux autorités locales de faire appliquer la loi sur la répression des cas de violences sexuelles à l’égard des femmes en vertu de la loi Nº06/018 du 20 juillet 2006, de protéger les victimes d’ accusations de sorcellerie en interdisant la justice populaire, de décourager les normes et pratiques coutumières sexistes et discriminatoires, de vulgariser les textes qui protègent et promeuvent les droits des femmes,….
Aux autorités judiciaires de chercher les infractions liées aux VBG et tenir les audiences publiques sur ces cas et que la société civile puisse renforcer des actions de sensibilisation sur la prévention des violences sexuelles dans la communauté, …
Aux médias de vulgariser les lois qui protègent et promeuvent les femmes à travers les différents formats journalistiques, de censurer les émissions à caractère religieux qui font l’apologie de la sorcellerie, etc…
Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet de Prévention et lutte contre les VSBG à travers les activités de mobilisation communautaires de NCE et la campagne Tamar dans la province du Sud-Kivu
Par Élie Munike David
