La campagne environnementale « Mois Vert», initiée pour transformer durablement le visage de la capitale du Sud-Kivu, s’est achevée ce vendredi 27 mars 2026 dans l’enceinte du Collège Alfajiri, dans la commune d’Ibanda à Bukavu.
Durant un mois, scientifiques, artistes, étudiants, autorités locales et membres de la société civile ont conjugué leurs efforts autour d’un objectif commun : poser les bases d’une ville plus écologique et plus résiliente. L’amphithéâtre de l’établissement a servi de cadre à une cérémonie de clôture marquée par une forte mobilisation citoyenne et une atmosphère empreinte d’engagement pour la protection de l’environnement.
Au cours de cette cérémonie, Thomas Jenatsch, Directeur de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC), a dressé un bilan particulièrement encourageant de cette initiative environnementale. Il a notamment salué l’ampleur des actions réalisées, parmi lesquelles la plantation de plus de 20 000 arbres sur plusieurs sites stratégiques de la ville, notamment au Lycée Wima, à Elakat et dans la commune de Bagira.
Parallèlement, des campagnes de sensibilisation d’envergure ont été organisées dans les écoles et universités, tandis que des émissions publiques et radiodiffusées ont permis d’instaurer un dialogue ouvert entre autorités, experts et citoyens autour des défis écologiques auxquels fait face la ville de Bukavu.
La journée de clôture a également été marquée par des conférences scientifiques réunissant des enseignants et chercheurs issus de plusieurs institutions académiques de la ville, notamment l’Université Officielle de Bukavu (UOB), l’Université Évangélique en Afrique (UEA), l’Université Catholique de Bukavu (UCB) et l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu (ISP). Les interventions ont permis de dégager plusieurs pistes de solutions face aux enjeux environnementaux.
Gisèle Ahanana de l’ISP Bukavu a notamment insisté sur la nécessité d’une gestion structurée des déchets afin de préserver le lac Kivu, tandis que Linda de l’UOB a évoqué les risques de glissements de terrain en plaidant pour le reboisement et la lutte contre la déforestation. De son côté, l’architecte d’intérieur Déborah de l’UCB a proposé des solutions liées à l’amélioration du transport de l’eau et à la canalisation des déchets urbains, alors que le professeur Kacho Karume de l’UEA a développé des approches innovantes pour une gestion durable des déchets.
Au-delà de l’approche scientifique, le « Mois Vert » a également mis en lumière la dimension artistique et citoyenne de la protection de l’environnement. Des artistes plasticiens ont démontré qu’il est possible de transformer les déchets plastiques en œuvres porteuses de sens. Deux créations symboliques une vache représentant la richesse de Bukavu et un robinet illustrant la gestion circulaire des déchets seront bientôt exposées à la Place Mulamba.
La cérémonie s’est achevée dans une ambiance culturelle avec la projection de films documentaires, la présentation du personnage « Mugoli » de la bande dessinée de Kashando Art, ainsi qu’une chanson produite par des artistes locaux autour du slogan « Bukavu Ville Verte ». Avant la clôture officielle, un hommage appuyé a été rendu à l’équipe de coordination, notamment Marie-Louise et Constante, dont l’engagement a largement contribué au succès de cette initiative. Si le « Mois Vert » s’achève, les acteurs impliqués espèrent désormais que cette dynamique écologique marquera le début d’une transformation durable pour la ville de Bukavu.
Par Elie Munike David
